Indices boursiers

Indices boursiers

Vue d’ensemble

Les indices boursiers sont des paniers théoriques d’actions servant à mesurer la performance d’un marché ou d’un secteur. On ne peut pas acheter directement un indice, mais les indices sont largement tradés via des dérivés (futures, options, CFD, ETF). Les indices les plus connus sont le Dow Jones Industrial Average (Dow 30) et le S&P 500 aux États-Unis, le Nasdaq 100 (valeurs technologiques US), le DAX 40 en Allemagne, le CAC 40 en France, le FTSE 100 à Londres, le Nikkei 225 au Japon, etc. Ces indices regroupent un certain nombre d’actions (ex: 500 pour le S&P 500, 40 pour le CAC). Ils reflètent la santé globale du marché actions correspondant. Par exemple, le S&P 500 couvre ~500 grandes entreprises américaines et est un baromètre de Wall Street, le DAX représente les 40 principales valeurs de la bourse de Francfort.

Pour l’investisseur, les indices sont attractifs car ils permettent de prendre position sur un marché entier plutôt que sur une action individuelle. De plus, un indice bien diversifié ne peut pas faire faillite (il faudrait que toutes ses composantes tombent à zéro, ce qui est virtuellement impossible – et les indices sont périodiquement révisés pour remplacer les défaillants). Ainsi, shorter un indice est moins risqué que shorter une action (pas de risque qu’il tombe à zéro du jour au lendemain), et acheter un indice est plus stable que parier sur une seule entreprise.

Les actifs phares ici : S&P 500 (souvent via le futur ES ou le CFD US 500), Dow Jones (DJIA, 30 industrielles), Nasdaq 100 (NDX, valeurs tech US – très volatile), en Europe Euro Stoxx 50 (zone euro), DAX 40 (Allemagne), FTSE 100 (UK), CAC 40 (France). En Asie, Nikkei 225, Hang Seng (Hong Kong), Shanghai Composite, Sensex (Inde) etc. Les brokers proposent généralement les indices majeurs de chaque région.

Spécificités techniques

Horaires : Les indices n’ayant pas d’existence propre hors du calcul de leur valeur, leur trading dérivé suit celui des marchés actions correspondants. Les futures sur indices US (S&P, Dow, Nasdaq) cotent quasiment 24h/24 en semaine, avec juste une pause d’entretien (souvent vers 22h à 22h15 à Chicago). Cela permet de traiter l’indice en dehors des heures de la bourse cash. Par exemple, le futur E-mini S&P 500 (ES) est négociable du dimanche soir au vendredi soir, 23h – 22h (heure de Paris) presque non-stop. Les CFD indices reprennent ces horaires étendus : ainsi un CFD “US 500” chez XTB ou IG cotera quasiment en continu du lundi matin au vendredi soir, reflétant le futur S&P échéance la plus proche. Il y a tout de même souvent de faibles volumes en session de nuit (Asie sur indices US), ce qui peut causer des écarts plus violents sur une news en pleine nuit, puis à l’ouverture de la bourse concernée, la liquidité augmente fortement. En Europe, les futures sur DAX ou CAC40 cotent aussi presque 24h, ce qui fait que l’indice CAC40 a un niveau théorique en continu même quand Euronext est fermée (on parle du “CAC40 Futures”). Par contre, la composition de l’indice ne change qu’aux heures d’ouverture du marché cash – par ex, si une société du CAC publie de nuit un résultat, la réaction se verra à 9h à l’ouverture de la bourse Paris et le futur anticipera avant.

Volatilité : Les indices étant des moyennes de nombreuses actions, ils ont une volatilité plus faible que les actions individuelles les composant. Un indice large comme le S&P 500 bouge souvent de l’ordre de ±1% dans une journée normale. En période de crise (ex: 2020 pandémie), il peut bouger de ±5% voire 10% sur des jours extrêmes. Le Nasdaq 100, plus concentré en tech, a tendance à être plus volatil (peut faire ±2-3% fréquemment). Les indices européens ont historiquement une volatilité légèrement inférieure aux US (par ex, le CAC40 ou DAX bougent 0,5-1% en journée normale). Les indices émergents (ex: indice russe, brésilien) peuvent être plus erratiques. De plus, les indices exhibent souvent de gaps d’ouverture : si de gros événements se passent hors des heures du marché cash, l’indice ouvrira avec un décalage. Les futures atténuent cela en ayant anticipé le mouvement, mais sur CFD ou sur l’ETF, on voit ce gap le matin. Par exemple, le lundi matin, les indices européens peuvent ouvrir en forte hausse/baisse selon ce qui s’est produit aux USA le week-end. Globalement, les indices sont moins volatils que les cryptos ou certaines matières premières, mais ils restent très sensibles aux conditions macro et aux sentiments globaux (ex: discours de banque centrale, chiffres inflation peuvent faire bouger un indice rapidement de 2%).

Levier : Les indices étant considérés comme un actif assez liquide et moyennement volatile, les régulateurs autorisent un levier retail jusqu’à 20:1 sur les indices majeurs (Dow, S&P, DAX, etc.) et 10:1 sur indices dits non-majeurs (peut-être des indices de pays plus petits). Ainsi, sur un CFD S&P500, on peut avoir seulement 5% de marge à déposer. Beaucoup de brokers offrent en pratique 20x sur tous les indices principaux. Les futures indices, eux, ont des marges fixées par les chambres de compensation : par ex, CME demande ~5-10% de marge sur l’E-mini S&P 500, ce qui correspond aussi à un levier ~10x à 20x. Il existe des contrats micro très utiles : le Micro E-mini S&P (MES) qui est 1/10ème du E-mini (donc 5$ par point d’indice au lieu de 50$), ou le Micro Nasdaq, Micro Dow, etc. Ceux-ci ont baissé la barrière d’entrée sur futures indices. Pour les CFD, on peut généralement ajuster au centième près, donc la question de taille n’est pas un problème (on peut par ex prendre 0,2 lot GER40 sur XTB, correspondant à 0,2×25€ le point = 5€ le point, au lieu de 25€ qui est la taille du futur DAX).

Taille et cotation : Chaque indice a sa méthode de cotation. Par exemple, le DAX40 est valorisé en points (par ex 16 000 points) avec 1 point valant 25€ sur le futur principal (FDAX). Le CFD DAX chez IG ou autre est souvent calibré pour 1 point = 1€ (plus simple). Le Dow Jones est un indice sans base monétaire (ex ~35 000 points) – sur un CFD, 1 point = $1 généralement. Le S&P500 est aux alentours de 4000 points, sur futur E-mini 1 point = $50, sur Micro = $5, sur CFD typiquement $1 le point. Ces multiplicateurs sont importants : par ex un trader qui ne le sait pas pourrait prendre 1 lot CFD DAX chez un broker pensant que c’est 1€/point alors qu’en réalité ce broker a choisi 25€/point – d’où l’importance de vérifier la spécification du contrat CFD. La plupart des brokers standardisent maintenant : souvent “1 lot” CFD indice = 1 unité de l’indice = 1€/point (ou $/point) pour simplicité. Mais toujours confirmer.

Dividendes et ajustements : Les indices boursiers Price Return (la plupart) ne tiennent pas compte des dividendes versés par les sociétés. Or, quand une société verse un dividende, son cours baisse d’autant le jour détachement, ce qui fait baisser l’indice. Les détenteurs de futures ou CFD indices n’ont pas l’action donc pas le dividende, mais le broker/futur ajuste ce biais. Typiquement, les courtiers CFD vont créditer un ajustement positif aux positions longues indices égal à la somme des dividendes des composants (pondérés) ex-dividende ce jour, et débiter les positions short. Ainsi, tout le monde est indifférent au fait que l’indice baisse artificiellement. Cela se fait automatiquement dans la plupart des cas (ex: sur un CFD DAX, si SAP verse un gros dividende, le DAX cash va chuter de X points, mais le broker va créditer X points de “dividende” par lot aux acheteurs). Ce mécanisme un peu technique est propre aux indices. Certains indices existent en version “Total Return” (dividendes réinvestis), mais en trading on manipule surtout la version price normale.

Plateformes populaires pour trader les indices

Le trading d’indices est proposé par presque tous les courtiers CFD/Forex car c’est très demandé. En effet, beaucoup de traders particuliers préfèrent spéculer sur un indice que sur une action individuelle (question de risque idiosyncratique moindre).

Les courtiers CFD comme IG, XTB, eToro, CMC, Plus500, Admiral, etc. fournissent tous les grands indices. Souvent, ils les nomment de façon propre : US 500 pour S&P500, US 30 pour Dow, GER40 pour DAX, FRA40 pour CAC, UK100 pour FTSE, JPN225 pour Nikkei, etc. Les caractéristiques (heures de cotation, valeur du point, spread) sont affichées sur leur site. Par exemple, IG se vante de proposer “des marchés 24h sur indices plus étendus que la concurrence” et des spreads serrés (le FTSE100 avec 1 point de spread, le DAX avec 1 point en séance, etc.). XTB également a des spreads compétitifs (1 point sur DAX). eToro a du spread un peu plus large (par ex ~2 points sur SPX500) mais pas de commission.

Les plateformes utilisées sont les mêmes : MetaTrader permet aussi le trading d’indices (via symbole CFD, ex: GER40.cc chez un broker, etc.). ProRealTime est aussi utilisé pour les indices via IG ou IB, très apprécié des analystes techniques sur indices. TradingView bien sûr supporte ces marchés via les courtiers intégrés.

Pour ceux qui préfèrent les instruments régulés, il y a les futures sur indices via des brokers comme Interactive Brokers. Aux US : E-mini S&P (ES) et Micro (MES) sur CME, Mini-DAX sur Eurex (FDXM, 5€ le point, ou le gros FDX 25€ le point). Les ETF indices sont aussi une voie : par ex, acheter l’ETF SPY (S&P 500) ou QQQ (Nasdaq) via un broker actions. Mais pour un trader actif, l’ETF manque de levier (sauf à utiliser un compte marge) et ne traite qu’aux heures de bourse, donc les CFD/futures sont plus efficaces.

Outils disponibles et particularités

Trader les indices mélange un peu l’analyse macro et technique :

  • Ordres & trading intraday : Comme pour le forex, les traders indices (notamment DAX, Dow, Nasdaq) font beaucoup de day trading voire de scalping, profitant de la liquidité. Les ordres stop/limite sont essentiels pour gérer la volatilité parfois soudaine (ex: tweet surprise du président US peut faire bouger le Dow de 200 points en minutes). Beaucoup de plateformes offrent des outils de scalping type one-click trading (un clic pour acheter/vendre avec taille prédéfinie) pour aller vite. Sur MT5 ou cTrader, on peut paramétrer un TP/SL par défaut pour chaque trade, afin d’être protégé immédiatement. Les ordres OCO sont utiles autour des publications macro (ex: placer un breakout buy stop au-dessus du range et un sell stop en dessous, un des deux s’exécute à la sortie du chiffre, l’autre s’annule). Sur certaines plateformes comme ProRealTime/IG, on peut programmer des ordres IFD (If Done) complexes pour ça.
  • Analyse technique sur indices : Très utilisée également – le S&P500 est scruté par d’innombrables analystes techniques. Les niveaux de Fibonacci, les figures chartistes (épaules-tête-épaule, double creux, etc.) sont souvent évoqués dans les commentaires de marché. Les indices ayant tendance à trend sur le long terme (marché haussier séculaire, etc.), les moyennes mobiles de long terme (50, 200 jours) sont suivies par exemple. Les oscillateurs comme RSI peuvent signaler des surachats en extrême (utile sur Nasdaq par ex). Bien sûr, l’analyse technique ne prédit pas les chocs de news, mais encadre les mouvements en absence de surprises.
  • Corrélations : Trader les indices nécessite de suivre les corrélations avec d’autres marchés : ex, indices vs obligations (une remontée brutale des taux peut peser sur le Nasdaq), indices vs devises (un dollar très fort peut pénaliser le Dow qui a beaucoup de multinationales exportatrices, etc.). Ces considérations font partie de l’arsenal du trader un peu macro. Des outils de corrélation existent (certains brokers fournissent des matrices de corrélation). Un phénomène courant : la rotation des indices – un jour les techs montent plus que les industrielles, le lendemain inversement – ce qui fait que Nasdaq et Dow peuvent diverger. Un trader peut en profiter via du spread trading d’indices (long Nasdaq/short Dow si on anticipe une surperformance tech, etc.). Sur CFD c’est faisable en ouvrant deux positions opposées de même nominal.
  • Sentiment de marché : Les indices sont fortement liés au sentiment général (risk on/off). Certains outils comme les indicateurs de volatilité (le VIX pour S&P 500) sont utilisés en complément. Par exemple, si le VIX (volatilité implicite) monte, c’est signe de nervosité – souvent indice en baisse. Certains brokers intègrent le VIX en CFD pour ceux qui veulent hedge leur portefeuille indice via la volatilité (IG propose le VIX cash).
  • Trading algorithmique : Sur indices aussi, beaucoup de traders développent des systèmes automatisés (par ex, des EAs sur DAX en scalping, ou des systèmes de suivi de tendance sur SPX...). Les indices étant très liquides, les exécutions sont en général fiables (peu de slippage hors news). MetaTrader et autres fonctionnent de même manière. Un détail : en trading automatique sur indices, il faut inclure le calendrier des rollovers et des dividendes si besoin, pour éviter de mauvaises surprises (ex: un robot qui trade tout le temps le même symbole sans savoir qu’une fois par trimestre le symbole change d’échéance ou subit un ajustement). Souvent les brokers gèrent cela en coulisse en gardant un ticker constant (US 500 continue) donc c’est transparent.

Synthèse : Le trading d’indices est souvent considéré comme un passage obligé pour le trader expérimenté, car il offre une diversification immédiate et suit l’actualité économique globale. Les outils mis à disposition sont comparables à ceux du Forex : plateformes rapides, ordres multiples, possibilité de trading automatisé, analyses et news en direct. IG, par exemple, met en avant ses outils de gestion du risque sur indices (stops garantis disponibles, alerts de prix) et son expertise (beaucoup de contenus pédagogiques sur comment trader le FTSE, le DAX, etc.). XTB intègre un scanner de marché qui signale les indices en forte variation. Saxo offre la possibilité de combiner des options sur indices avec les positions (pour couvrir). Chaque plateforme a ses atouts pour ce marché. 

Sources

  • Capital.com – Horaires d’ouverture des marchés capital.com
  • Saxo Banque – Restrictions ESMA (levier indices) help.saxo.com
  • CME Group – Valeur notionnelle des futures cmegroup.com

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